En pleine canicule, des scientifiques prennent le vélo pour mesurer les effets du réchauffement climatique
En pleine canicule, des scientifiques prennent le vélo pour mesurer les effets du réchauffement climatiquePédaler pour la science et le climat ? Des scientifiques l’ont fait ! Après une première édition réussie en 2025 pour le projet VéloClimat, des chercheurs du CNRS et de l’UBS membres du laboratoire Lab-STICC ont repris la route cet été pour une nouvelle aventure de science participative. Objectif : relier la Bretagne et Dijon à vélo et mesurer les conséquences du réchauffement climatique et des fortes chaleurs sur la pratique du vélo.

À son retour à Vannes, Jessica Pic nous confie avoir eu chaud ! Maîtresse de conférences en informatique à l'UBS et enseignante à l'IUT de Vannes, elle faisait partie des trois scientifiques engagés dans cette traversée. Partis juste après la canicule de fin juin, les cyclistes n’ont pas échappé, sur la fin de leur parcours, à la seconde vague de chaleur intense qui a frappé le pays. Un mal pour un bien : « ce climat extrême était idéal pour nos mesures » nous a-t-elle expliqué.
Comprendre l’impact des vagues de chaleur sur la pratique du vélo
L'expédition s'inscrit dans le projet VéloClimat, porté par la Fondation GEOMANUM et conduit par des chercheurs franco-suisses, notamment du CNRS et de l'Université Bretagne Sud.
Objectif : Analyser l’influence des paysages et des aménagements sur les phénomènes micro-météorologiques tels que les îlots de chaleur. Comment ? En équipant des vélos de capteurs qui enregistrent des données telles que la température et l’humidité. Ces données doivent permettre de comprendre comment l’organisation des territoires – sa végétation, la densité de son bâti, ou encore la présence de surfaces imperméables – aggrave ou atténue la surchauffe. « Pour comprendre les différences de températures, certaines explications comme l’ombre et le soleil semblent intuitives » développe Jessica Pic. « Mais d’autres phénomènes sont moins évidents : on observe par exemple des écarts significatifs selon la canopée, ou la topographie. »
Les vélos des scientifiques ont été équipés de capteurs pour collecter des données environnementales
Jessica Pic est spécialiste de la manipulation de données géographiques. « Je m’intéresse à la qualité de la donnée et à sa représentation » précise-t-elle. Et son sujet de prédilection, c’est la cartographie des risques environnementaux et notamment ceux liés aux fortes chaleurs. Grâce aux données existantes, ou à celles qu’elle collecte sur le terrain, elle conçoit ainsi des outils d’aide à la décision pour les politiques publiques en matière d’aménagements cyclables.
Collecte citoyenne des données
VéloClimat est également un projet de science participative.
Tout au long du parcours, des « thermoparties » ont été organisées dans plusieurs villes étapes. Le temps d'une soirée, les habitantes et habitants étaient invités à équiper leur propre vélo de capteurs afin de réaliser des mesures aux côtés des scientifiques. Les résultats étaient ensuite présentés et discutés collectivement.

"Thermoparty" à Tours : des cyclistes volontaires participent à la collecte des données le temps d'une soirée
« Nous avons rencontré des participants très investis et surtout très demandeurs de solutions », observe Jessica Pic. Les épisodes de canicule récents ont pu renforcer l'intérêt du public pour ces questions et pour la recherche de solutions, et ce format d'échange a suscité un bel enthousiasme.
Une seconde édition enrichie
Cette seconde édition a permis aux scientifiques de tester les améliorations réalisées sur les capteurs, et de compléter leurs échantillons de nouvelles données, collectées cette fois ci sur une destination très prisée du vélo : les bords de Loire.

Les cyclistes du laboratoire Lab-STICC sur les bords de Loire
Autre nouveauté : cette fois ci, ce n’est pas une, mais deux équipes qui se sont lancées dans l’aventure. Tandis que Jessica et ses acolytes pédalaient depuis la Bretagne, une équipe de chercheurs suisses s’élançait de l’autre côté du Jura. Les deux équipes s’étaient donné rendez-vous à Dijon.
Et pour la suite ? Pour Jessica Pic, les données collectées lors de cette nouvelle campagne viendront enrichir ses travaux. Quant aux « thermoparties », leur succès ouvre la voie à de nouvelles éditions, afin d'associer plus largement les citoyens à la production de connaissances sur les effets du changement climatique.
Crédits photographiques : ©Université Bretagne Sud. Service Communication







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