Que faire de bien avec l'IA ?
Que faire de bien avec l'IA ?Vendredi 30 janvier 2026, pendant plus de 8 heures, une vingtaine des meilleurs experts français se sont succédé devant un amphithéâtre comble, afin de tenter de répondre à cette question stratégique. Près de 5 000 personnes ont également suivi les débats en ligne, preuve des attentes d’un très large public sur ce sujet.

Des personnalités de renom
De Cédric Villani, mathématicien lauréat de la médaille Fields, à Luc Julia, cocréateur de Siri, en passant par Mathilde Radek, de la coopérative bretonne Le Gouessant, ou encore Marie-Paule Cani, de l’Académie des Sciences : tous ont fait le déplacement à Vannes pour participer à cette journée inédite organisée par l’UBS et alimenter un débat nécessaire. Que faire de bien avec l’IA ? Beaucoup de choses, assurément, malgré les risques et les peurs suscités. Les exemples ont été nombreux, et dans tous les domaines : industrie, santé, agriculture, éducation, défense, finance, recherche, art, société, environnement…
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Cédric Villani, mathématicien lauréat de la médaille Fields, ancien député, auteur du rapport « Donner un sens à l’intelligence artificielle » ;
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Luc Julia, ingénieur franco-américain, co-créateur de Siri, ancien directeur scientifique de Samsung et aujourd’hui chez Renault, auteur de L’intelligence artificielle n’existe pas ;
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Lou Welgryn, experte en numérique responsable, co-présidente de Data For Good et précédemment Head of Product chez Carbone4 Finance ;
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Philippe Clerc, président de l’Académie d’intelligence économique, spécialiste des stratégies territoriales et des enjeux géopolitiques de l’IA ;
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Olivier Wong Hee Kam, vice-président numérique de l'Université de Rennes et Président de VP-NUM, porteur du projet RAGaRenn pour une IA responsable et souveraine.
Parmi les constats partagés, on note l’efficacité grandissante des IA dans la réalisation de tâches complexes et inaccessibles au cerveau humain. Agrégation de milliards de données hétérogènes, volumes inassimilables autrement : l’IA a montré sa pertinence dans le traitement de l’imagerie médicale, les diagnostics de sûreté, la surveillance des bâtiments de pêche ou des populations d’éléphants, le suivi des cultures, l’optimisation des process industriels... Concluant la journée, Cédric Villani a rappelé les capacité de l’IA à « synthétiser, détecter, classer et simplifier ». L’IA ouvre les champs des possibles : « des explorations artistiques inédites, des possibilités de développement dans le design, la formation, les tâches administratives, des moyens de certification plus sûrs et plus rapide, l’identification et la réduction des inégalités », a précisé le mathématicien.
Il rappelle également que « le virtuel se heurte parfois au réel » : surconsommation énergétique des datacenters, applications dangereuses, données biaisées, accélération des conflits. « L’IA aggrave le risque de crise géopolitique, économique, environnementale ». Cédric Villani a par ailleurs pointé « de nouvelles possibilités pour les très riches de s’enrichir davantage », faisant référence aux investissements colossaux dans les secteurs de la tech et de l’IA.
« La course au gigantisme domine l’actualité, avec peu de preuves de retour sur investissement », alors que des systèmes plus frugaux, alimentés par quelques indicateurs bien choisis, peuvent s’avérer bien plus compétitifs et pertinents. Dans la pratique, les différents intervenants s’accordent à privilégier le développement des IA spécialisées, très attendues, « qui amènent à faire dialoguer les hommes de métier et les scientifiques ».
En conclusion, le chercheur plaide pour « agir avec agilité » : « savoir ce que l’on est, et ce que l’on veut ». Continuer à enseigner les mathématiques, l’histoire et à la philosophie, former des experts dans leurs métiers, indispensables, et construire un véritable projet de société. « Avec l’IA, on croit parler d’un système technique, mais on aborde en réalité un système essentiellement politique ».
Replays des conférences
Conférences du matin
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Lancement de la journée par Emmanuel Frénod - Université Bretagne Sud et discours du Président David Menier - Université Bretagne Sud
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Conférence « Introduction » : Cédric Villani - Mathématicien - Université Claude-Bernard - Lyon-1
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Conférence « Des nouvelles de la recherche en IA » : Charlotte Pelletier - Université Bretagne Sud et Institut Universitaire de France
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Table ronde « Les bonnes mises en œuvre de l’IA sont des projets d'entreprises » : Emmanuel Frénod – Université Bretagne Sud, Justine Lipuma - Mycophyto, Alain Perrin - Eureden, Michel Dojat-Rochy - INRIA et INSERM, Christophe Tourret - ESRI, Frédéric Miskawi – CGI, David Dieudonné – Ouest-France
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Conférence-Dialogue « L’IA et ses risques » : Alice Schoenauer-Sebag - Cohere, Lou Welgryn - Data for Good
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Conférence-Dialogue « Souveraineté & géostratégie de l’IA » : Philippe Clerc - Académie de l’intelligence économique, Bertrand Rondepierre - AMIAD
Conférences du matin avec traduction simultanée - Morning talks with simultaneous translation
Conférences de l’après-midi
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Conférence « l’Université à l’heure de l'IA » : Olivier Wong-Hee -KAM Université de Rennes
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Conférence-Dialogue « IA à l'interface entre recherche et industrie » : Luc Julia - Expert IA
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Conférence-Dialogue « IA interface entre recherche et développement artistique/personnel » : Laurence Devillers - Sorbonne Université, Marie-Paule Cani - École Polytechnique et Académie des Sciences
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Conférence-Dialogue « Souveraineté alimentaire et IA » : Daniel Trocmé - CGI, Mathilde Radek - Le Gouessant
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Conférence « IA & projet de société » : Éric Bothorel - Député
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Conférence-Dialogue « l’IA peut-elle être vertueuse, écologiste, artiste et inclusive » : Isabelle Collet - Université de Genève, Ada Ackermann - CNRS
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Discours : Anne Le Hénanff - Ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique
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Table ronde de conclusion « Que pourrait-on faire de bien avec l’IA ? » animée par Cédric Villani, Université Claude-Bernard - Lyon-1 : Luc Julia - Expert IA, Isabelle Collet - Université de Genève, Alice Schoenauer-Sebag - Cohere, Marie-Paule Cani - École Polytechnique et Académie des Sciences
Conférences de l’après-midi avec traduction simultanée - Afternoon talks with simultaneous translation
Nos partenaires
En partenariat avec Eureden, CGI, Ouest-France et Le Gouessant : découvrez leur engagement.
Marie-Gabrielle Daniel, directrice générale d'Eureden
"En tant que groupe coopératif agroalimentaire ancré sur le territoire et acteur des transitions, nous sommes convaincus du formidable potentiel de l'Intelligence Artificielle.
Eureden utilise déjà l'IA en agriculture de précision et dans certains métiers et fonctions support. Mais nous savons que nous ne sommes qu'au début de l'histoire.
Nous avons souhaité être partenaire de cet événement "Que faire de bien avec l"IA? " organisé par l'Université Bretagne Sud, car nous sommes convaincus que c'est par une approche collective (entreprises, enseignement, recherche, collectivités...) que nous pourrons développer l"IA de manière responsable et efficace au bénéfice de notre territoire."
Thierry Vandenbroucke, CGI Business Unit Leader France Ouest
" Si CGI a choisi d’être partenaire de l’événement "Que faire de bien avec l"IA? " organisé par l'Université Bretagne Sud, c’est parce que l’innovation doit se construire ici, avec et pour notre territoire. En tant qu’acteur numérique fortement ancré localement, nous avons la responsabilité d’accompagner ces évolutions, non seulement en apportant notre expertise technologique, mais aussi en contribuant au développement durable de l’écosystème qui nous entoure.
Nous croyons au collectif : c’est en réunissant entreprises, institutions, chercheurs et talents que nous pourrons développer des usages d’IA utiles et éthiques et accompagner la transformation numérique.
Être partenaire aujourd’hui, c’est affirmer notre volonté d’agir concrètement pour une IA qui bénéficie à tous et qui fait grandir notre écosystème local. "
Philippe Boissonnat, rédacteur en chef de Ouest-France
" Que faire de bien avec l’IA ? » Ouest-France, comme de nombreux titres de presse, se pose la question depuis plusieurs années, tant sont diverses les potentialités des technologies de l’intelligence artificielle : les unes prometteuses et pouvant nous aider à mieux remplir notre mission d’information, les autres plus problématiques, voire contre-productives. Convaincu qu’en tout état de cause ces potentialités doivent être explorées avec rigueur et méthode, Ouest-France est très heureux de participer à l’événement proposé par l’Université Bretagne Sud : il nous donne l’opportunité d’exposer l’état de nos réflexions et de nos pratiques et de les confronter avec celles des autres acteurs clefs de notre territoire que sont les établissements d’enseignement supérieur et les collectivités territoriales. "
Rémi Cristoforetti, directeur général de la coopérative Le Gouessant
" Le Gouessant a fait le pari de l’IA, notamment au travers de l’investissement au sein de See-D. Notre conviction est que l’IA constitue un levier pour renforcer l’accompagnement de nos éleveurs, optimiser les conduites d’élevage et améliorer la qualité de nos décisions technico‑économiques, au service de la performance et de la durabilité. L’enjeu est clair : comprendre ces technologies pour en faire un outil utile, maîtrisé et aligné avec nos valeurs coopératives.
En devenant partenaire de l’événement “Que faire de bien avec l’IA ?” porté par l’Université Bretagne Sud, nous affirmons notre volonté de participer à une réflexion collective, ouverte et responsable pour contribuer à enrichir notre territoire. "
Crédits graphiques : ©Université Bretagne Sud. Service Communication











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