Journée européenne du doctorat : ils et elles ont réalisé leur thèse à l’UBS

Journée européenne du doctorat : ils et elles ont réalisé leur thèse à l’UBSÀ l’occasion de la première Journée européenne du doctorat le 13 mai, l’Université Bretagne Sud met en lumière des parcours de docteurs ayant réalisé leur thèse dans ses laboratoires. Leurs trajectoires illustrent la diversité des débouchés qu’ouvre le doctorat.

Faire un doctorat, c’est choisir de consacrer plusieurs années à explorer une question scientifique en profondeur. C’est une expérience exigeante, à la fois professionnelle et intellectuelle, qui permet d’acquérir des compétences recherchées bien au-delà du monde académique : capacité d’analyse, rigueur méthodologique, démarche éthique, aptitude à relier théorie et applications concrètes…

Iris, Nino, Florent et Tamara ont mené leurs travaux doctoraux à l’UBS. Ils reviennent sur les raisons qui les ont conduits vers la thèse et sur ce que cette expérience a changé dans leur parcours.

Iris de Gelis, Ingénieure de Recherche chez Estellus et Chercheure associée à l’Observatoire de Paris

Docteure en informatique depuis 2023. Sa thèse : Apprentissage profond pour la détection de changements dans des nuages de points 3D au laboratoire IRISA, sous la direction de Sébastien Lefèvre et Thomas Corpetti.

 

 

Sa thèse… en bref

Ma thèse s’inscrit dans le domaine de l’observation de la Terre et vise à automatiser la détection de changements entre deux nuages de points 3D acquis à des dates différentes. J’ai développé les premières méthodes d’apprentissage profond capables de traiter directement ces données 3D brutes (issues du LiDAR ou de la photogrammétrie) pour extraire et catégoriser les évolutions. Concrètement, ces travaux permettent de repérer automatiquement des transformations du terrain, telles que des modifications urbaines, de l’érosion, des glissements ou des effondrements.

 

Un doctorat… pourquoi ?

Pour avoir le temps d’explorer en profondeur une question scientifique et développer une expertise sur un sujet précis. J’ai toujours beaucoup aimé apprendre et comprendre, et l’idée de consacrer plusieurs années à investiguer un problème de manière approfondie m’a particulièrement attirée. Ce parcours me permettait aussi de travailler à l’interface entre recherche fondamentale et applications concrètes, notamment dans le domaine de l’observation de la Terre.

 

Une thèse… et après ?

Aujourd’hui, je travaille dans le domaine de la télédétection par micro-ondes passives, en particulier sur l’analyse des surfaces continentales à partir de ces données et sur le développement de méthodes permettant de relier les observations satellitaires (radiances) à des variables géophysiques (température, surfaces en eau, manteau neigeux, etc.). Même si j’ai en partie changé de thématique par rapport à ma thèse, le doctorat m’a permis de développer une forte capacité à m’approprier rapidement de nouveaux sujets, à réaliser des états de l’art et à identifier les verrous scientifiques ou techniques. J’y ai également acquis une rigueur méthodologique et un esprit d’analyse qui me permettent de structurer des problématiques, de proposer des approches pertinentes et de valoriser les résultats, que ce soit à travers des publications scientifiques ou des présentations orales.

Nino Peulens , Ingénieur de recherche au Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard, à Lyon

Docteur en psychologie sociale appliquée à la santé depuis 2025. Sa thèse : Prévention de l'épuisement des proches aidants dans le Morbihan au laboratoire LP3C, sous la direction de Jacques Fischer-Lokou et Fréderic Pugniere-Saveedra.

 

 

Sa thèse… en bref

L’idée centrale de ce travail repose sur une analyse fine du vécu et des besoins des proches aidants dans le département du Morbihan, avec un focus sur la prévention de l'épuisement. Mes recherches ont démontré que les problématiques rencontrées varient significativement selon le lien de parenté, le conjoint n’adoptant pas les mêmes stratégies de soin ni les mêmes motivations qu’un enfant ou un parent. Enfin, cette étude a mis en lumière les enjeux identitaires liés au rôle d’aidant et a proposé des pistes concrètes pour mieux identifier et mesurer l'épuisement par les acteurs de terrain.

 

Un doctorat… pourquoi ?

Le doctorat s’est imposé comme la suite logique de mon parcours académique, me permettant d'approfondir mes compétences en recherche appliquée. J'ai souhaité intégrer une dimension très concrète et opérationnelle à ce projet, ce qui m'a naturellement orienté vers le format d'une thèse CIFRE. Ce choix m'a permis de maintenir un lien constant entre la rigueur universitaire et les réalités du terrain, tout en développant la capacité nécessaire pour structurer et mener des projets de recherche sur le long terme.

 

Une thèse… et après ?

Aujourd’hui, j’exerce en tant qu’ingénieur de recherche en psychologie de la santé au Centre Léon Bérard, où je poursuis mes travaux sur les aidants familiaux. Le doctorat m'a non seulement permis d'accéder à ce poste, mais il m'offre également une expertise unique pour articuler la réalité des patients, celle des soignants et le vécu des proches aidants. Cette capacité à faire le lien entre la théorie scientifique et les besoins concrets du terrain constitue ma valeur ajoutée principale au sein de la structure.

 

Florent Faure, Ingénieur de recherche à ComposiTIC, à Ploemeur

Docteur en Sciences pour l’ingénieur spécialité Génie des matériaux depuis 2019. Sa thèse : Étude du vieillissement hygrothermique et sous UV de composites préparés à partir de Polyéthylène Haute Densité et de différentes farines de fibres naturelles au laboratoire IRDL sous la direction d’Arnaud Perrot.

 

 

Sa thèse… en bref

Ma thèse, réalisée en collaboration avec Silvadec, portait sur l'optimisation des performances et de la durabilité des bois composites (WPC). J'ai démontré comment la formulation et les procédés de transformation influencent directement le vieillissement et les propriétés mécaniques de ces produits et comment la variabilité des constituants influence ces comportements. Ces travaux ont permis d'apporter des solutions concrètes pour améliorer la résistance du matériau en conditions réelles d'utilisation tout en valorisant des ressources durables.

 

Un doctorat… pourquoi ?

Quelques années avant de faire une thèse, j’ai eu la chance de travailler dans le monde industriel avant une reprise d’études. J’ai eu la chance de côtoyer régulièrement le monde académique à l’UBS à travers plusieurs projets au sein du laboratoire IRDL, où j'ai pu découvrir le quotidien et la dynamique de travail des doctorants. Le format CIFRE me convenait parfaitement pour allier la recherche avec les enjeux concrets du monde industriel.

 

Une thèse… et après ?

Au sein de la plateforme technique ComposiTIC, je pilote des projets collaboratifs et des prestations de recherche pour accompagner les industriels dans le développement de matériaux innovants ou de nouvelles technologies. Mon doctorat m'apporte une capacité d'analyse, une adaptation aux sujets variés et une rigueur scientifique indispensables pour les industriels qui nous contactent.

Tamara Mourda, auto-entrepreneur dans le domaine agroalimentaire

Docteure en sciences pour l’ingénieur, spécialité Génie des procédés et bioprocédés, depuis 2023. Sa thèse : Séchage de crevettes (Penaeus monodon et Litopenaeus vannamei) par swell-drying, jets d’air impactants et Détente Instantanée Contrôlée (DIC) : cinétique de déshydratation et qualité texturale, réalisée au laboratoire IRDL, sous la direction de Jean-Louis Lanoisellé.

 

 

Sa thèse… en bref

Mes travaux de recherche ont porté sur l’optimisation du séchage de crevettes à l’aide de procédés innovants, notamment les jets d’air impactants et le swell-drying. L’objectif était d’améliorer leur conservation et leur valorisation, dans un contexte où la production mondiale de crevettes a fortement augmenté ces vingt dernières années.

Ce travail a notamment permis de développer des snacks de crevettes à texture croustillante, une qualité recherchée par les consommateurs. À partir des résultats expérimentaux obtenus, des modèles phénoménologiques et empiriques ont été établis. Ils constituent aujourd’hui une base de données utile pour l’intensification de ces procédés de séchage.

 

Un doctorat… pourquoi ?

J’ai grandi dans une ville agricole du nord du Liban, au contact direct des structures d’aquaculture développées par mon père. J’ai souhaité contribuer à ce domaine, en y apportant davantage d’innovation et de développement technologique, tout en maintenant une forte rigueur scientifique.

Après un master 2 en ingénierie des sciences et technologies agroalimentaires, j’ai opté pour le doctorat. Comme l’a souligné mon directeur de thèse lors de ma soutenance : « C’est rare qu’un doctorant arrive avec son propre sujet de thèse. »

 

Une thèse… et après ?

Aujourd’hui, je travaille à la création de ma propre entreprise. Mon ambition est de développer une structure capable de réaliser des études multidisciplinaires (chimiques, microbiologiques et fonctionnelles) et de transformation (séchage, congélation…)

Ma formation initiale, mon expérience de recherche et mes nombreux contacts universitaires devraient m’aider à mener à bien ce projet. Mon doctorat et ses résultats scientifiques et technologiques ont fortement contribué à donner une valeur spécifique à la définition de mon travail ainsi qu’à celle de la structure : expertise, méthodes, capacité d’analyse, lien recherche/terrain…

 

Crédits photographiques : ©Université Bretagne Sud. Service Communication