Marketing de demain : les étudiants de l’UBS ont "débarqué" à Gâvres pour imaginer le futur du territoire
Marketing de demain : les étudiants de l’UBS ont "débarqué" à Gâvres pour imaginer le futur du territoireEt si le marketing s’apprenait autrement qu’en salle de classe ? À Gâvres, des étudiants ont travaillé au plus près d’un territoire vulnérable et d’entreprises engagées, pour questionner concrètement les modèles économiques face aux défis écologiques et sociaux.

À Gâvres, une semaine pour repenser le marketing à l’épreuve de la transition
Du 7 au 10 avril 2026, la presqu’île de Gâvres a accueilli un séminaire pédagogique pas tout à fait comme les autres. Pendant quatre jours, des étudiants de Master 2 Marketing-Vente de l'IAE Bretagne Sud ont quitté la salle de classe pour travailler en immersion au sein de la Maison Glaz, un tiers-lieu ancré dans son territoire.
Objectif : confronter les outils du marketing aux réalités concrètes de la transition écologique et sociale.
Ici, pas de cas théoriques. Les étudiants ont travaillé à partir de problématiques réelles, proposées par plusieurs acteurs locaux engagés à différents niveaux de la chaîne de valeur agroalimentaire et maritime : production, transformation, distribution ou transport.
- Comment adapter un modèle économique sur un territoire vulnérable à la montée des eaux ?
- Comment faire évoluer les pratiques de consommation face à des freins culturels persistants ?
- Comment rendre désirable une offre plus vertueuse, mais aussi plus coûteuse ?
Autant de questions posées par les structures partenaires, parmi lesquelles Maison Glaz, Le Fournil Gavrais, Skravik ou encore Windcoop.
Se projeter pour mieux comprendre
Le séminaire s’est structuré autour d’un fil conducteur : « Produire, vendre, consommer… vivre sur un territoire qui change ». Les étudiants ont été invités à se projeter dans le temps, à trois horizons distincts : le court terme (1 à 3 ans), le moyen terme (2030) et le long terme (2050).
Ils ont ainsi exploré différents scénarios d’évolution pour les entreprises étudiées. L’objectif n’était pas de prédire l’avenir, mais d’évaluer la robustesse des modèles économiques face à des transformations déjà à l’œuvre.
Cette approche a donné lieu à plusieurs livrables : plans marketing, analyses d’adaptation ou encore récits prospectifs.
Apprendre par l’expérience du territoire
Le choix de Gâvres n’est pas anodin. Ce territoire littoral, particulièrement exposé aux effets du changement climatique, constitue un terrain d’observation concret des enjeux d’adaptation.
Au-delà des travaux académiques, les étudiants ont été invités à “vivre” le territoire : découverte de son histoire, de ses spécificités géographiques et de ses modes de vie, échanges avec des acteurs locaux, mais aussi expérimentation de pratiques plus sobres.
La semaine s’est ainsi déroulée sans voiture, en privilégiant les mobilités douces, et avec une attention portée à l’alimentation, via des approvisionnements locaux et des ateliers autour de la lutte contre le gaspillage.
Autre parti pris : limiter l’usage du numérique. Les étudiants ont travaillé majoritairement sur support papier, dans une logique de déconnexion assumée, afin de favoriser la réflexion, les échanges et la créativité.
Une autre manière d’aborder la transition
Ce séminaire s’inscrit dans une démarche d’innovation pédagogique visant à renouveler les modalités d’enseignement des enjeux de transition. Il repose sur plusieurs principes : partir de situations réelles, croiser les regards (entreprises, experts, enseignants), et adopter une approche à la fois lucide et constructive.
Loin d’un discours alarmiste ou simplificateur, il s’agissait d’outiller les étudiants pour comprendre la complexité des transformations en cours, tout en identifiant des marges de manœuvre.
Les premiers retours font état d’une forte adhésion, notamment liée à l’immersion, au travail collectif et à la projection dans le temps long.
Une expérience appelée à essaimer
Au-delà de l’expérience vécue par les étudiants, ce séminaire a également vocation à être partagé. Des temps d’échange ont déjà été organisés au sein de l’université avec des enseignants, des équipes administratives et des acteurs du territoire.
Une publication scientifique est en cours de préparation, ainsi que des contenus de vulgarisation, avec l’objectif de diffuser les enseignements tirés de cette initiative et d’en inspirer d’autres.
Car au fond, la question posée dépasse le cadre d’une formation : comment former, aujourd’hui, des professionnels capables d’évoluer dans un monde en transition ?
Crédits photographiques : ©Université Bretagne Sud. Service Communication






















