Un cap pour 2035

Un Cap pour 2035 : l’UBS a adopté son schéma directeur développement durable et responsabilité sociétale et environnementaleL’Université Bretagne Sud a adopté son schéma directeur développement durable, responsabilité sociétale et environnementale (DD&RSE). Un document stratégique qui fixe le cap de l’établissement à l’horizon 2035. Éclairage avec Michel Gentric, vice-président en charge des questions environnementales et de transition.

« L’Université Bretagne Sud s’engage pour la transition. Ancrée sur son territoire littoral, elle forme et innove pour répondre aux défis climatiques et sociétaux. Ici, la coopération et le respect du vivant guident nos actions pour construire un avenir durable. »

Voici le cap fixé par l’UBS pour l’année 2035, tel qu’il est écrit en introduction du nouveau schéma directeur développement durable responsabilité sociétale et environnementale. Ce document a été adopté par le CA, réuni en session extraordinaire le 3 février 2026.

Le conseil d’administration vient d’adopter son schéma directeur développement durable, responsabilité sociétale et environnementale. De quoi parle-t-on exactement ?

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a adopté en 2023 un plan climat, biodiversité et transition écologique. Il fixe des trajectoires – notamment en matière de neutralité carbone et de biodiversité – et, dans ce cadre, il est demandé à tous les établissements de l’ESR de se doter d’un schéma directeur.

Concrètement, ce schéma directeur décrit les objectifs que nous nous fixons pour nous inscrire dans ces trajectoires, ainsi que les leviers d’action que nous allons mobiliser pour les atteindre.

C’est un schéma « à 360 degrés » : il englobe toutes les missions et pratiques de l’université. Et doit embarquer toute la communauté universitaire dans une dynamique de transformation.

 

Pourquoi était-il important pour l’université de se doter d’un schéma directeur dédié au développement durable ?

C’est tout simplement notre raison d’être et notre responsabilité. Nous transmettons des savoirs aux générations qui seront les actrices et acteurs de la transition, et nous contribuons aussi à produire ces savoirs par la recherche. À ce titre, nous sommes en première ligne.

Nous sommes aussi une communauté de 12 000 personnes, étudiants et personnels confondus. Cela représente une véritable force d’entraînement capable d’accélérer les transformations de nos sociétés.

En quoi ce document marque-t-il une étape nouvelle ou structurante pour l’établissement ?

L’université était déjà engagée dans la transition : nous avions réalisé un bilan RSE, lancé des rénovations bâtimentaires, développé une offre de formation ambitieuse sur les transitions. Mais ces initiatives – heureuses ! – étaient plutôt portées par des équipes ou des individus engagés. Ce n’était pas encore une ligne directrice partagée par tous.

Le schéma directeur marque une étape structurante parce qu’il donne un cadre commun. Nous voulons que toutes nos actions aient ce même dénominateur. C’est le « schéma des schémas. »

Comment ce schéma directeur a-t-il été élaboré ?

Dès le départ, il était clair que ce schéma ne devait pas être rédigé sur un coin de table, à trois ou quatre experts.

Nous nous sommes donc inspirés de l’expérience de la Convention des entreprises pour le climat. Leur méthode : un parcours de formation-action pour aider les entreprises à transformer leur feuille de route. Nous avons vu là un modèle que nous pourrions adapter à l’université. C’est aussi une démarche engagée par l’université de Rennes, dont nous avons bénéficié du retour d’expérience.

Nous avons donc lancé notre propre « Convention UBS en transition ». L’idée était d’embarquer les participants, de les accompagner émotionnellement et physiquement dans la transformation, dans un cadre de bienveillance et d’échanges. C’est une pédagogie qui ne se limite pas au cognitif, mais intègre aussi l’émotionnel.

La Convention a mobilisé près de 80 personnes de la communauté universitaire pendant 7 mois, qui ont permis d’identifier 166 actions. Le schéma directeur est issu de ce travail d’intelligence collective. Il reprend les actions qui ont obtenu le plus fort taux d’adhésion des membres de la Convention, et celles portées par la gouvernance.

 

Plus précisément, quelles actions prévoient le schéma en matière d’enseignement et de formation ?

La formation des étudiants est rapidement apparue comme une priorité lors de la Convention. Les étudiants doivent être acteurs de leur formation et de la transition.

Le schéma directeur prévoit donc l’intégration des problématiques TEDS à l’ensemble des formations, la pérennisation d’une équipe pédagogique dédiée… mais aussi la reconnaissance de l’engagement étudiant comme un élément structurant des parcours.

C’est tout le sens du levier 3 : « Faire de l’engagement étudiant un fondement des formations et d’une université vivante, robuste et régénérative ». Il est proposé d’instaurer un engagement de 50 heures minimum par an en premier cycle, au service de notre communauté, de notre « voisinage », du monde socio-économique et culturel de notre territoire. La validation de cet engagement conditionnerait l’obtention du diplôme. Une équipe pilote sera chargée d’en étudier la faisabilité et l’acceptabilité. 

Le schéma introduit également des notions nouvelles comme « une voix pour le vivant » ou le renoncement. De quoi s’agit-il ?

La toute première action du schéma consiste à intégrer un avis du Vivant dans tous les projets soumis aux instances statutaires de l’UBS : CA, CFVU, CR. Le vivant intègre ainsi nos instances démocratiques.

 

Concrètement, cela signifie que chaque projet devra détailler ses impacts sur l’environnement et la biodiversité, et qu’une représentante ou un représentant du Vivant sera présent lors de ces séances. Avec à terme, un objectif très ambitieux : qu’en 2035, 100% du portefeuille des projets, formations, contrats de recherche de l’UBS soient à impacts positifs sur l’environnement et la biodiversité.

Quant à l’introduction de la notion de renoncement, c’est un vrai défi. Le schéma directeur prévoit de l’intégrer dans la conception des activités, mais aussi dans l’évaluation de la charge des services, des composantes, des laboratoires et des personnels.

On ne peut pas toujours faire plus. Les transitions en cours nous obligent à renoncer à certaines activités. Ce n’est pas négatif : c’est une condition pour se concentrer sur des actions plus cohérentes avec nos missions, nos moyens et un avenir désirable.

Un groupe de travail sera constitué pour définir les modalités pratiques de ce principe (« toute nouvelle activité implique le renoncement à une autre »), ainsi que les indicateurs permettant d’en mesurer la mise en œuvre.

Comment ce schéma directeur va-t-il se traduire dans le quotidien de l’université ? Comment va-t-il être piloté dans le temps ?

Ce schéma est le fruit d’un travail collectif, mais nous savons qu’il n’a mobilisé qu’une partie de la communauté. L’une des premières actions consiste donc à poursuivre la dynamique de la Convention, une à deux fois par an, et à l’élargir dès ce printemps à celles et ceux qui n’y ont pas participé.

Le processus n’est pas parfait, mais il est perfectible, et nous l’avons conçu pour cela. Le schéma n’est pas figé. Un comité de suivi a été mis en place, composé de membres de la Convention et d’experts. Il aura pour rôle de nous challenger, dans nos priorités, notre rythme.

Si l’on se projette en 2035, à quoi aimeriez-vous que l’on reconnaisse l’UBS comme une université engagée dans la transition environnementale ?

J’aimerais que ce cap 2035 ne soit plus un cap. Qu’il ne soit plus une intention ou un affichage, mais notre quotidien.

Que nous ayons quitté une logique de performance pour entrer pleinement dans une logique de robustesse.

 

 

Crédits photographiques : ©Université Bretagne Sud. Service Communication