Entrevue - retour sur la résidence artistique d'Ismaël Maudet

Retour sur la résidence artistique du sculpteur Ismaël MaudetL'artiste sculpteur était en résidence artistique à l'Université Bretagne Sud du mois d'octobre au mois d'avril 2025. A travers plusieurs ateliers mis en place sur les campus de l'UBS, Ismaël Maudet a réalisé avec les étudiants et le personnel deux œuvres qui ont été présentées au public lors du Festival des Arts et de la culture. Nous l'avons rencontré quelques jours avant cette restitution pour échanger avec lui et qu'il nous donne son ressenti sur cette aventure artistique.

Restitution Ismaël Maudet - campus de Lorient UBS 2025

Des rencontres artistiques

« Cette résidence a été un moment fort. Nous avons pu nous consacrer entièrement et de A à Z à un projet artistique, avec beaucoup de liberté. » 

Il y a quelques jours, nous avons rencontré l’artiste sculpteur Ismaël Maudet. En résidence depuis le mois d’octobre à l’Université Bretagne Sud, l’artiste Alréen nous a donné rendez-vous à l’école des beaux-arts de Lorient, là où il façonne, et ajuste les derniers détails des créations qu’il présentera aux publics lors du Festival des Arts et de la Culture de l’UBS, en avril 2025.  

L’artiste nous accueille dans son atelier, derrière l’école. Il profite de notre venue pour faire une pause. Les effluves de colle et d’acier s’agrippent encore à l’air ambiant. Le décor est planté : un masque de métallurgie sur l’établi, des maquettes, des croquis…, L’artiste, nous fait le tour du propriétaire. Ces lieux, il les connait pour avoir été lui-même étudiant des beaux-arts il y a quelques années. Une porte s’ouvre et, voilà l’œuvre terminée, érigée devant nous. Cet assemblage d’acier est le fruit véritable d’une réflexion commune.  

 

Une résidence à l’UBS

Cette aventure collective qui a débuté en octobre : chaque mois les étudiants et personnels de l’UBS ont été invités à participer à la résidence (ndlr : une résidence, c’est un moment et un espace où l'artiste peut se focaliser sur son travail en résonance avec le lieu et avec les gens qui côtoient ce lieu. En l'occurrence pour cette résidence, ce sera avec les étudiants. Je vais aller à leur rencontre pour découvrir leur environnement de travail et développer avec eux leur créativité.)

L’expérience s’est rapidement acclimatée aux aléas de la vie universitaire. Une synergie commune est née progressivement entre l’artiste et la communauté de l’UBS, imprimant ainsi aux créations artistiques l’essence même de notre université : un lieu de passage. Ismaël nous explique, le sourire aux lèvres, que cette expérience artistique a fait du bien aux participants. En mettant leur quotidien de côté pour faire quelque chose de leurs mains, ils se sont attachés à un projet à court terme avec une finalité bien clair. « Quand tout est aléatoire, on se fie au moment présent. Il faut déclencher la spontanéité chez les gens et leur donner la permission pour qu’ils s’engouffrent. » 

Pour Ismaël, travailler avec un public non initié est dans son ADN d’artiste. Même s’il nous avoue qu’il y a une part de stress. « On ne sait pas comment vont interagir les gens, quelle énergie ils vont apporter au projet. »

 

Deux œuvres 

Cinq mois plus tard, deux œuvres ont vu le jour. Elles sont différentes l’une de l’autre. Pourtant leur imaginaire symbolise toute la philosophie de l’UBS.  

Le concept du projet Lorientais ? Un vaisseau spatial hybride, où la spontanéité de l’enfance rencontre les esprits cartésiens de la recherche. Pour Ismaël, « il fallait sortir de l’esprit technologique que représente le monde du spatial pour tenter de se rapprocher de l’enfance. Gamins, les choses avançaient avec ce qu’on imaginait. » explique-t-il.  
Réalisée à partir d’un conglomérat d’objets, pensée par les participants, cette structure qui n’a rien à envier aux œuvres marquantes de la SF est un éloge à la rêverie. Par sa conception, elle devient le vecteur qui nous transporte dans nos moments de rêverie, de lecture. Sa forme de coquillage est un rappel organique à notre présence sur terre, évoluant au gré des voyages.  
Ismaël met en avant l’idée de la cabane, qui par sa forme tend à se rapprocher du dessin : «des lignes définissent un volume qui n’existe pas vraiment. » Une ligne qui prolonge l’idée que nous pouvons nous faire de notre espace mental.  

L’œuvre qui sera exposée à Vannes est en cours de finalisation. Elle représente une conversation dans un groupe de personnes, dans lequel l’esprit de communauté surpasserait l’individualisme. La figuration des visages est mise de côté et laisse la place au dynamisme des corps qui se transcendent lorsque nous communiquons avec les autres. « Nous ne sommes pas des êtres figés et nous empruntons chez les autres ce qui nous parle tout en donnant. Nous sommes « poreux ». » Le choix des matériaux, encore à l’état d’expérimentation, accentuera la direction artistique empruntée par le collectif d’artistes. 
Cette œuvre symbolisera l’université comme un lieu de passage, où les étudiants passent en coup de vent, ne permettant pas à leur présence de se figer sur la durée. Pourtant elle renforce l’idée que la vie universitaire est un carrefour de rencontre où l’individu se fond dans le collectif pour vivre une expérience commune.  

De cette résidence artistique à la restitution de ces œuvres, un manège créatif s’est opéré entre un artiste et le public. Les idées se sont confrontées, la matière s’est mélangée, et des êtres se sont rencontrés pour une création commune, partageant ensemble des valeurs propres à notre l’Université.  


 

L'Université Bretagne Sud : un lieu de création artistique

Depuis 2010, l’Université Bretagne Sud, à travers son service Culture et Vie des Campus, accueille des artistes en résidence dans divers domaines. Ces résidences intègrent l’art au cœur de la vie des campus, offrant aux étudiants, enseignants et personnels l'opportunité de rencontrer des artistes et de participer à des projets de création.

 

 

Crédit photographique : ©Université Bretagne Sud. Direction de la Vie Etudiante et de Campus