stage de géologie

Stage de géologie sur la presqu’île de CrozonLors du second semestre, les étudiants de L3 Sciences et Vie de la Terre ont eu la chance d’explorer la géologie de la presqu’île de Crozon. Visite guidée en compagnie de Cécile Leroux, l'une des étudiants partie en stage à Crozon.

Un voyage dans le temps

Comme nous l'explique Cécile Leroux, l'une des étudiantes de la licence Sciences & Vie de la Terre :

"Là-bas, se déplacer dans l’espace revient à se déplacer dans le temps : à la plage de Trez-Bihan, vous êtes face à des objets géologiques datant du Briovérien (entre -850 et -541 millions d’années), tandis que la pointe de Pen Hir recèle des marqueurs du Silurien (entre -443 et -419 millions d’années) !"

Espiègle, elle nous confie son astuce mnémotechnique pour se repérer dans l’ordre des temps géologique, au cours du "Paléozoïque " : « Comment Observer Sans Dégoût Cailloux et Pierres ? », ce qui donne en langage géologique : « Cambrien, Ordovicien, Silurien, Dévonien, Carbonifère, Permien ! »

Sacrée Cécile !

Objectif du stage

Le but de ces 3 jours était de familiariser les étudiants avec l’observation et l’interprétation des objets géologiques : repérer les particularités d’un affleurement, les types de roches ainsi que les formes caractéristiques.

Ensuite, essayer de se projeter dans le passé : imaginer, à partir des observations présentes, comment la roche s’est formée, puis ce qui a pu se produire sur les roches au cours du temps jusqu’à organiser l’affleurement tel qu’on le voit de nos jours.

Quelques affleurements sur différents sites

  •  Sur la plage de Porzic

 Entre – 750 et -550 millions d’années s’élève la chaine cadomienne, relief qui s’érode superbement quelques milliers d’années plus tard, nourrissant les côtes bretonne de quantités de sables : les produits d’altérations (sables, argiles) issus de l’érosion, sont apportées par les fleuves sur le littoral. Là, les particules sédimentent, se durcissent jusqu’à devenir une roche. Ce phénomène, appelé diagénèse, permet de transformer le sable en un solide Grès. Un éperon de Grès tel qu’on le voit aujourd’hui ne s’est pas nourrit que d’un seul apport de sable : la roche se forme petit à petit, en accumulant des « couches », des plans de sédimentations. La figure 1 montre ces plans de sédimentation du Grès armoricain (entre -450 et -470 millions d’années).

"Avez-vous remarqué ?" nous demande Cécile. "La roche parait être marquée de diagonales, qui partent du bas gauche de la photo pour s’élever vers le haut à droite. Est-ce de cette façon que le Grès s’est formé ? Effectivement, ce n’est pas le cas. Les plans de sédimentation étaient horizontaux puis, une pression tectonique s’exerçant du continent vers la mer a fait basculer les plans, jusqu’à l’angle que nous observons aujourd’hui."

La plage est bordée sur un côté d’un plan bien différent que celui offert par la figure 1. Cette nouvelle image (figure 2) révèle des "Argilites" (NDLR : roches faite d’argiles qui ont été chauffées, durcies). De nouveau, il est aisé d’observer des plans de sédimentations horizontaux… Mais ils semblent former une vague. Inspiration de la mer qui vient frapper au pied de la falaise à marée haute ? C’est une révélation des pressions latérales qui s’exercent sur ces plans, jusqu’à les faire se tordre. On appelle cela un "pli".

Cécile enchaîne : "Il est amusant de voir ces deux roches se côtoyer : la pointe de Grès armoricain qui a basculée dans la mer et l’argilite briovérienne plissée. Il y a eu deux poussées différentes, offrant maintenant deux déformations différentes. Ces deux formes géométriques ne se rejoignent pas sur la plage. Elles sont séparées par une brèche de faille (photo 3) : une zone broyée, qui illustre l’activité tectonique et le fait que les deux plans géométriques ne concordent pas."

 

  • Sur la plage de Pen Hir

Ci-dessous, les falaises bordant la plage de Pen Hir. On accède à cette plage par une faille, qui permet au visiteur de circuler dans une incision de la falaise, avant de déboucher sur la plage et admirer ces plis et couleurs remarquables.

Zoom sur une partie de ces falaises : un pli déversé

Les couches de Grès qui apparaissent orangées sont entrecoupées de couches d’argilites, visibles ici en gris. Un bon témoin des pressions qui ont dû s’exercer ici après la formation de ces roches, où les sédiments s’étaient déposés de façon à former des couches horizontales.

Le Graptolithes ou animal planctonique colonial

Les Graptolithes sont des animaux planctoniques coloniaux. Ils s’assemblent pour construire des thèques en forme de branche. Une colonie de Monograptus correspond à une branche. Ici, dans la roche, on voit une multitude de traces blanches : autant de témoin des colonies de Monograptus ! Les fossiles correspondent aux animaux conservés dans la roche. Là, ce sont des traces de leur passage et non les colonies elles même piégées : ce sont des ichnofossiles. Un dernier coup d’œil à l’échelle des temps géologiques ? Monograptus est LE marqueur stratigraphique du Silurien (entre - 443 et – 419 millions d’années) : c’est sa présence qui permet de dater la roche.

Conclusion avec Cécile

"Ce stage de géologie à Crozon, voyage dans le temps et dans l’espace, permet de rendre concret les thèmes abordées en cours. Grâce à ces affleurements remarquables et à la disponibilité des professeurs, les élèves ont pu réellement comprendre et s’imprégner des bases fondamentales de la géologie. Quoi de plus pédagogique que de pouvoir toucher, sentir et goûter ces temps qui nous dépassent ?"

Merci Cécile en tout cas pour nous avoir fait voyager ainsi avec toi !

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